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La vieille dame et les pigeons

La vieille dame et les pigeons

Un film de Sylvain Chomet

Copyright : © 1997 Les Armateurs/Pascal Blais productions

Durée : 26’

Genre : Court métrage d’animation 2D

Nationalité : Canada – France

Cible : Grand public

Date de sortie : Janvier 1997

 

L’HISTOIRE
Dans le Paris des années 50, un gardien de la paix affamé rencontre dans un jardin public une vieille dame gâteuse dont le passe temps favori consiste à offrir de fastueux repas aux pigeons du quartier. Désormais, sous le képi de l’agent, la chose est claire. En devenant pigeon lui-même, il pourra se remplir la panse au frais de la naïve petite dame ! Naïve ?
 

Crédits

Producteurs délégués : Didier Brunner, Bernard Lajoie

Producteur associé : Colin Rose

Réalisation, scénario, graphisme : Sylvain Chomet

Dialogues : Alan Gilbey, David Friedman

Musique : Jean Corti

Décors : Nicolas de Crécy

Distribution salle France : Les Armateurs

Distribution vidéo France : France Télévision Distribution

Disitribution TV France : Premium Films

Distribution Internationale : Les Armateurs

Distribution Japon : Klock Worx

Diffusions TV : France 2, SVT, BBC, Radio Canada, TV Ontario, Arte


Avec la participation de Téléfilm Canada, Sodec (Société de Développement des Entreprises Culturelles), Gouvernement du Québec (Programme de crédits d’impôts), Gouvernement du Canada (Programme de crédits d’impôts), Club d’investissement Média, Centre National de la Cinématographie (CNC), BBC Worldwide et BBC Bristol.

Voir un extrait

Interview de Sylvain Chomet - Réalisateur

L’idée
J’ai eu l’idée de la Vieille Dame et les Pigeons dans un parc à Londres. Je voyais des pigeons partout et je me suis dit que c’était un merveilleux sujet. Ils ont une marche tellement spéciale, il y a quelque chose de ridicule chez eux. Je me suis dit : je vais faire un film avec des pigeons… et j’ai pensé à une vieille dame qui les nourrit.
Partant de ce principe, j’ai voulu aller dans l’extrême et j’ai eu l’idée qu’en nourrissant les pigeons, la vieille dame les rendaient énormes. J’ai souhaité que le film se déroule dans les années 50 à Paris. C’est encore un peu les privations d’après guerre. On peut dire que ce pauvre gendarme est mal nourri. Il voit ça et ça le fait complètement flipper. Du jour au lendemain, il n’a plus qu’une seule envie : devenir un pigeon pour pouvoir manger lui aussi à sa faim.
 
Les personnages
Je voulais avoir des personnes obèses dans le film car je trouve que les personnes obèses ont une façon de bouger qui est intéressante. Les touristes américains au début du film, c’est aussi un parallèle avec les pigeons qui ont été gavés à l’extrême par la vieille dame. C’est la même chose. Les personnages dans le film sont tous très caricaturaux au niveau des volumes. On a des personnages très maigres comme le gendarme, très petits comme la vieille dame et très gros comme les américains du début et de la fin du film. Les personnages ont toujours une identité en volume. Ils sont muets mais savent prendre de l’espace.
 
Les dialogues
S’il n’y a pas de dialogues dans ce film, c’est que je suis animateur à la base. Mais je crois que l’on peut raconter une histoire simplement avec le jeu des personnages. Cela laisse plus de place aux mimes en tant que tels.
Pourquoi est-ce que Tati n’avait pas vraiment besoin de dialogues ? Car Tati était un mime avant tout. Il pouvait faire des longs métrages sans que personne ne se rende compte à la fin du film qu’il n’y a eu aucun dialogue intelligible. Il y a des dialogues, mais personne ne les comprend.
Donner des voix à des personnages, c’est leur donner quelque chose d’humain. Le risque de donner la voix d’un acteur connu, c’est que l’on visualise l’acteur. Quand j’entends Depardieu qui fait une voix de dessin animé, j’entends Depardieu. J’ai un mal fou pour trouver un exemple de film d’animation où les deux s’imbriquaient vraiment bien.
 
Les décors
Je n’avais pas du tout envie d’avoir des décors léchés avec des ombres comme on trouve un petit peu dans les dessins animés chez Disney par exemple. Je voulais quelque chose d’assez graphique. J’ai collaboré avec Nicolas de Crécy qui a une façon de travailler assez monochrome : une ambiance de nuit serait plutôt dans les bleus, une ambiance dans une discothèque avec des couleurs très flash. Je voulais garder ce côté monochrome dans les décors. C’est les années 50, c’est en couleur mais on ne sent pas trop la couleur non plus.

L’animation
J’ai pris 90% de l’animation et j’ai travaillé avec pas mal d’assistants. Je tenais les animations rough en bleu et j’imprimais, j’intervallais. La technique, c’est qu’on travaillait sur papier, imprimait sur celluloïd, peignait à la gouache et filmait en caméra 35mm. Ce sont des choses qui prennent un temps fou.
Je ne veux pas m’avancer mais je pense que c’est un des derniers films d’animation qui a été fait de cette façon là, avec une technique traditionnelle. Déjà, à l’époque, tout le monde travaillait avec l’ordinateur pour la colorisation. C’était bien de passer par là, c’était une autre façon de travailler.
 
Conclusion
Depuis l’idée originale que j’ai eu dans le parc à Londres jusqu’à la finition, jusqu’au mix final du film, ça a pris 12 ans. Au bout de 12 ans, je ne savais plus réellement si le comique allait marcher, si les choses allaient fonctionner. Je me suis rendu compte que tout ça était resté intact. Donc ça m’a aidé réellement à prendre confiance en moi et je pense que ça m’a permis de faire les Triplettes de Belleville. En partant sur le long métrage Les Triplettes de Belleville, je sais ce qui marche et ce qui ne marche pas.