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Kirikou et les hommes et les femmes

Kirikou et les hommes et les femmes

Un film de Michel Ocelot

Avec les voix de Romann Berrux (Kirikou) et Awa Sene Sarr (Karaba)

Copyright : © 2012 Les Armateurs / Mac Guff Ligne / France 3 Cinéma / Studio O

Durée : 80’

Genre : Long métrage d’animation / 2 versions : 2D et relief

Cible : A partir de 3 ans

Date de sortie en salles en France : 03/10/2012

 

L’HISTOIRE :
Le grand-père nous accueille dans sa grotte bleue, pour de nouvelles confidences. Il restait encore de beaux souvenirs de l’enfance de Kirikou à évoquer : les moments où il a aidé les hommes et les femmes de son village et d’ailleurs…
Il nous raconte alors comment Kirikou, grâce à sa bravoure et son intelligence, est venu au secours de la Femme Forte, dont le toit de la case avait été détruit par Karaba. Il nous apprend par quelle astuce le petit héros a retrouvé le Vieux Grincheux, qui s’était égaré dans la savane, puis comment une griotte menacée par la sorcière a finalement pu transmettre son savoir aux habitants du village. On découvre aussi le secret d’un mystérieux monstre bleu, et enfin, grâce à une flûte liée à la famille de notre héros petit et vaillant, le pouvoir magique de la musique.
 

Crédits

Producteur délégué : Didier Brunner (Les Armateurs)

Producteur exécutif : Ivan Rouveure

Coproducteurs : Les Armateurs / Mac Guff Ligne / France 3 Cinéma / Studio O

Réalisation, scénario, dialogues et graphisme : Michel Ocelot

Montage : Patrick Ducruet

Musique : Thibault Agyeman

Distribution salle France : StudioCanal

Distribution internationale : StudioCanal

Distribution Vidéo / VOD : France Télévisions Distribution

Droits dérivés France : France Télévisions Distribution

Agence de promotion : Mercredi

 
Avec le soutien de la Région île de France en partenariat avec le CNC, et du CNC (Nouvelles Technologies en Production). Avec la participation de Canal +, France Télévisions, Ciné +.

Bande-annonce

Interview de Didier Brunner

ENTRETIEN AVEC DIDIER BRUNNER – Producteur du film
 
Produire de nouvelles aventures de Kirikou, cela veut dire qu’il faut à la fois retrouver l’univers familier que le public aime, tout en lui offrant beaucoup de nouveautés. Comment avez-vous procédé ?
Produire une suite est toujours un peu compliqué avec Kirikou puisque le premier film avait une vraie fin : Kirikou délivrait la sorcière de son épine dans le dos et son vœu le plus cher était exaucé : il grandissait et devenait un homme. Dans KIRIKOU ET LES BÊTES SAUVAGES, Michel avait déjà imaginé que ces nouvelles aventures inédites se déroulaient avant que la sorcière ne soit délivrée de sa douleur. KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES reprend le même principe : le film est constitué de «tranches de vie» qui n’avaient pas encore été racontées dans le cadre du premier film. La nouveauté, c’est que ces histoires ne sont pas entièrement consacrées à la relation entre Kirikou et la sorcière : elles mettent en valeur des personnages du village comme la Femme Forte et le Vieux Grincheux, ou des nouveaux venus comme la Griotte et l’Enfant Touareg. Les caractères ne changent pas : Kirikou reste l’enfant minuscule par sa taille mais grand par sa vaillance et sa mère est toujours sa confidente, sa protectrice et celle qui l’encourage à grandir. Et notre héros sait toujours traiter les problèmes avec intelligence et discernement. L’astuce a été d’imaginer cinq contes où s’expriment les valeurs essentielles qui motivent et fondent l’humanisme de Kirikou : l’entraide, la tolérance, la générosité, l’activité, la curiosité…
 
Est-ce Michel Ocelot qui a pensé d’emblée à utiliser les images de synthèse et le relief ?
Michel a suggéré l’utilisation des images de synthèse, et nous lui avons proposé le relief, ce qu’il a accepté avec prudence. Il ne voulait absolument pas d’un relief ponctué d’effets de jaillissements. Il préférait que le relief évoque la scène en profondeur d’un théâtre merveilleux. Je précise que le film sera exploité à la fois en 3D Relief et en 2D.
 
En termes de production, comment la fabrication des Kirikou a-t-elle évolué depuis le premier ? Comment cela change-t-il votre travail ?
Le financement du premier film a été extrêmement difficile. Nous avions un budget trop court, ce qui nous a contraint à exploser la fabrication aux quatre coins de l’Europe. Il y avait des équipes qui travaillaient en Belgique, à Angoulême, en Lettonie, et en Hongrie. Michel a donc passé son temps dans les avions et au téléphone. Cela a été un travail extrêmement physique pour lui. Au moment de la fabrication de KIRIKOU ET LES BÊTES SAUVAGES, comme nous avons bénéficié de meilleures conditions de financement, nous en avons conclu qu’il fallait regrouper les équipes de storyboards, layouts, décors et nouveaux personnages autour de Michel à Angoulême. Nous n’avons délocalisé que l’animation, qui a été faite au Vietnam. Pour KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES, nous sommes allés plus loin encore en traitant l’animation chez Mac Guff Ligne à Paris. Cette fois-ci, les personnages sont modélisés en images de synthèse, avec des traits de contour qui leur donnent le même aspect que dans les films précédents, et les décors sont réalisés en 2D. Certains accessoires sont eux aussi réalisés en synthèse, car dès que Kirikou ou un autre personnage s’en empare, il faut qu’ils puissent bouger dans l’espace. Je crois qu’en voyant le film, les spectateurs auront le sentiment que les personnages ont été animés de façon traditionnelle, car Michel voulait que le trait conserve un rendu dessiné. Michel a pu être entouré de l’intégralité de son équipe, puisque tout le monde travaillait à Paris. Il pouvait intervenir en temps réel pour demander des améliorations et faire des corrections. Le studio d’animation était situé non loin de l’endroit où Michel habite, ce qui lui permettait de pouvoir rentrer chez lui pour travailler sereinement sur son storyboard.
 
Selon vous, pourquoi Kirikou plaît-il à toutes les générations de spectateurs et non pas seulement aux enfants ?
Kirikou est un enfant curieux qui veut sans cesse progresser et grandir. Il observe le monde, s’interroge et cherche des solutions. Il est très responsable, tout en n’hésitant jamais à être audacieux et à prendre des risques. C’est un bébé tout petit, délicat, craquant, mais qui a un caractère extrêmement affirmé, volontaire et fort. Cette dichotomie entre un personnage minuscule, fragile et sa force de caractère, son charisme, sa détermination à toute épreuve séduisent les grands comme les petits, car ils se reconnaissent à la fois dans cette fragilité et dans cette force.
 
Comment collaborez-vous avec Michel Ocelot pendant la phase de l’écriture ? Vous soumet-il des idées ?
Michel nous soumet ses scénarios et ses story-boards plus pour nous informer de l’avancement de son travail que pour obtenir des réactions de notre part. Nous les commentons, il prend ce qui lui semble judicieux dans nos remarques, et il avance. Michel est un auteur solitaire, qui assume son travail de création de A à Z : l’écriture, le dessin des personnages, la mise en scène, la direction des voix des acteurs, et la conception graphique. Nous sommes simplement là pour garantir que Michel puisse faire son film en totale liberté, et pour l’aider à résister à des demandes comme «ce serait mieux si les personnages étaient habillés !» Kirikou est un tout, que l’on accepte ou pas. Même s’il est tout nu et si ses aventures ne sont pas toujours «politiquement correctes». Dans la relation que nous avons construite avec Michel, nous sommes garants de l’intégrité dont il dispose dans son travail d’écriture et de réalisation.
 
Y a-t-il des pays qui étaient réticents à la nudité des personnages qui ont finalement accepté de diffuser les films de la trilogie KIRIKOU ? Sentez-vous une évolution des mentalités sur ce point ?
Très peu. Kirikou n’a pas accès aux pays où la foi religieuse interdit la nudité, comme les États-Unis, où le puritanisme impose la loi du «cachez ce sein que je ne saurai voir». Je crois que Kirikou restera encore pour longtemps une oeuvre marginale pour le public américain. Évidemment, les pays du Moyen-Orient lui sont interdits aussi. Les films de Kirikou ne sont pas faciles à exporter. Mais nous avons cependant pu les faire découvrir aux spectateurs d’Amérique latine, de certaines parties du territoire Européen, de la Corée, du Japon… En tout, cela représente une quarantaine de territoires.
 
Quel est votre regard de producteur sur le film terminé ?
Je le trouve magnifique par sa mise en scène, par sa rigueur. Bien qu’il se soit écoulé quinze ans depuis le premier film, on retrouve immédiatement la même empathie pour ce petit personnage, et on tombe sous le charme des histoires de Michel. Ce qui me fascine le plus c’est ce génie de conteur : c’est la qualité la plus fondamentale du talent de Michel.

Karaoké